Actuellement je lis un livre intitulé : Introduction au raisonnement sociologique, en effet la sociologie et la géographie sont deux sciences qui étudient l’humain notamment les conséquences de ses actions  sur la nature, ou les actions de la nature sur l’homme. Je souhaitais vous rapporter un passage de ce livre que j’apprécie tout bonnement et qui apporte une vision éclairée du fonctionnement des sociétés. Cette vision qui peut paraître assez ethnocentrique de premier abord  peut  laisser entrevoir de multitudes possibilités quant à l’évolution de nos sociétés et de l’être humain de manière général.

Bibliographie : Christian De Montlibert. Introduction au raisonnement sociologique. Édité par les presses universitaires de Strasbourg à Strasbourg.283pages

Extrait: page 19 de ce livre :

 » Pour Montesquieu, les institutions dépendent d’un certain nombre de facteurs, qui ont un effet sur l’organisation politique et sur les choses sociales. Parmi ces facteurs, apparaissent tout d’abord le nombre d’habitants, la croissance ou la décroissance de la population, mais aussi la religion, la famille, la moralité. Le deuxième facteur sur lequel insiste Montesquieu a trait à la nature du sol : lorsque la nature du sol consiste en vastes plaines d’un seul tenant, on se trouve plus souvent en face d’États de type despotique ( parce que le despotisme peut se développer plus facilement sur de larges plaines où n’existeraient pas d’obstacles naturels.) A l’inverse, dans les régions montagneuses ou dans les îles, on trouvera, plus souvent, des constitutions politiques faisant une plus large part à la liberté, (parce que l’autorité du chef est limitée par ces obstacles naturels). Montesquieu ajoute un troisième facteur : une terre peu féconde pousse les esprits à l’effort, à la frugalité, et par suite fraye les voies de la République/ La fertilité du sol, au contraire, éveille l’amour des richesses, le souci de l’intérêt personnel, et ouvre les voies à la monarchie. Mais si cette fertilité du sol devient excessive, elle engendre les formes inférieures de démocratie car dès que la terre produit naturellement, elle n’a plus besoin d’être cultivée, et par suite n’a pas besoin d’être partagée entre les membres du groupe. Enfin, dernier facteur que Montesquieu fait intervenir dans ce que l’on appellerait aujourd’hui un modèle, le climat, avec son opposition entre les climats chauds et les climats froids. Dans les climats chauds, s’engendreraient des maladies chaudes ‘ la lèpre, la peste’ mais aussi des sentiments de découragement , de désir, de vengeance, de soupçon, de ruse, une sensibilité extrême au plaisir, une imagination vive une passivité physique, une paresse intellectuelle et enfin la servitude et le despotisme. Dans les climats froids, se développeraient les caractères forts où le courage et la franchise jouent un rôle majeur, mais aussi l’insensibilité à la douleur, une diminution de l’imagination et l’importance de la liberté qui conduirait à la République. »

Montesquieu explique ainsi que  la géographie et le climat influencent  les relations sociales . Cette vision bi polaire du monde est partagée par de nombreux géographes et chercheurs qui ont étudié l’influence du climat sur les comportements sociaux. Selon les sociétés, et nous venons de voir que le climat et la géographie influencent les comportements sociaux, elles agiront de manière totalement différentes suivant les contextes, notamment lors des catastrophes naturelles  comme l’explique Jean Claude Thouret, et le géographe Robert d’Ercole je vous invite à lire l’article  https://worldgeographe.wordpress.com/2012/11/05/vulnerabilite-aux-risques-naturels-en-milieu-urbain-effets-facteurs-et-reponses-sociales/.