Le 17 juin au Brésil se déroulait une manifestation sans précédent dans le pays, des centaines de milliers de personnes sont sorties manifester dans les rues de Rio de Janeiro, alors que le pays même est en plein préparatif de la future coupe du monde de football en 2014.

La manifestation a été d’une rare violence, on comptait des blessés parmi les policiers et les manifestants, constitués majoritairement de jeunes n’ayant plus confiance dans le gouvernement, qui s’étaient donnés rendez-vous via la toile.

le Parlement de l’Etat de Rio de Janeiro a été pris d’assaut par certains manifestants qui scandaient : « vive la révolution.« 

On comptait à Sao Paulo environ 65 000 manifestants.

Quels sont les raisons qui ont poussé ces manifestants à sortir dans les rues ? Quel est le contexte économique du pays actuellement ?

Ce développement tentera d’apporter en plusieurs parties des réponses à ces problématiques.

 

 L’expression d’un ras le bol

1 Le contexte social au Brésil

Alors que Dilma Russef présidente actuelle du Brésil tend à maintenir et améliorer les conditions sociales de la population brésilienne, un mécontentement général d’une partie de la population prend le gouvernement de court.

Le salaire minimum a été augmenté de 9% au 1 er janvier 2013, la conjoncture économique favorable à l’investissement offre un marché de l’emploi prospère et stable, stabilisant le chômage à 5%. Les futurs Jeux olympiques ainsi que la future Coupe du monde de football en 2014, promettent au Brésil des chantiers et du travail pour les chômeurs.

L’augmentation des allocations chômage dans le cadre du plan Bolsa Familia garantirons un semblant de vie meilleure pour la population la plus pauvre, et la moins formée.

Le gouvernement poursuit la construction de logements sociaux dans le cadre du programme Minha Casa minha Vida.

Cependant malgré toutes ces mesures , cela ne suffit pas à satisfaire l’ensemble de la population, qui compte contenir leur consommation en raison de leur niveau d’endettement qui atteint pour certains ménage 44% de leur revenu.

I.2 Le contexte économique

Le Brésil bénéficie d’une économie essentiellement basée sur le commerce de l’énergie et de l’agriculture. Les deux évènements sportifs à venir comme la coupe du monde de football en 2014 et les Jeux olympiques en 2016, amélioreront la dynamique économique du pays et favoriseront les investissements publics et privés notamment ceux venant de l’étranger.

La construction de nouvelles infrastructures hôtelières, sportives, de transport et d’énergie va sans doute nécessiter de grands investissements publics et privés dans ces domaines.

Selon la Coface : ‘leader mondial de l’assurance crédit entreprises’, les exportations du Brésil tendent à ralentir contre une hausse des importations ce qui tend à favoriser l’endettement public, un endettement alourdi par les investissements à prévoir dans le cadre de ces futurs évènements sportifs. Les exportations se composent à 60% de produits pas ou peu transformé ‘minerai de fer, soja, pétrole, viande carnée, sucre, café, jus d’orange, pâte à papier’ et pour les produits manufacturés ‘produits chimiques, métallurgiques, véhicules, avions  ‘Embraer’, machines. Les exportations restent donc très influencées par les cours mondiaux.

La croissance du produit intérieur brut est  de l’ordre de 3 % en 2013, la dette publique tend à diminuer selon les estimations, on passe de 64.8% en 2012 à 62.7% du PIB en 2013. La part des débiteurs publics au Brésil a diminué au profit du secteur privé, les entreprises brésiliennes ont besoin d’attirer les capitaux étrangers pour pallier l’insuffisance de l’épargne domestique monopolisée par la sphère publique.

Malgré la réduction de la dette publique, ces dernières années, les comptes publics restent déficitaires et l’endettement important, sensiblement supérieur à la moyenne des pays émergents.

Les politiques sociales coûtent de l’argent et nécessitent l’accroissement des dépenses d’investissement

L’inflation passe de 5.5 points à 5.7 point, soit une légère hausse, à l’origine des inquiétudes de la jeunesse brésilienne.

Ce sont donc ces différents points économiques qui alarment une grande partie de la population, les jeunes brésiliens issus d’une classe sociale pauvre, sont eux les véritables oubliés de ce programme de relance du Brésil.

Le Brésil manque de main d’œuvre qualifiée elle fait appel à l’immigration pour faire face à ce manque, cependant certaines entreprises profitent de ce système et ne font appel qu’à de la main d’œuvre étrangère à bas coût, en grande partie originaire d’Haiti ou de Cuba, voir de Bolivie; au détriment de la population brésilienne qui souhaite être formé et se qualifier pour ensuite travailler.

Les jeunes étudiants pour les classes les plus pauvres sont également touchés par ce même type de problème, où l’on voit certaines  discriminations naître dès l’école primaire entre les élèves selon les classes sociales. Les plus pauvres sont automatiquement catégorisés, critiqués, isolés, ce qui provoque chez eux l’ arrêt volontaire prématuré de la scolarité, découragé par ce système.

Les jeunes manifestants disent qu’ils s’inquiétaient de la hausse du prix du transport public, du droit de vivre en ville ce qui est devenu dors à présent quasi impossible, vu la flambée des prix de l’immobilier dans le centre ville. Les futurs évènements sportifs entraînent la flambée foncière dans les centres villes; ce sont ces  principales raisons qui poussent ces jeunes à manifester.

Qu’est il devenu des stades de football et des emplois crées lors de la coupe du monde de football en Afrique du Sud, si ce n’est que du vent? Que sont ils devenus les millions, voir les milliards d’euros investis en Grèce lors des Jeux olympiques en 2004 en Grèce?

Coface , lien internet: http://www.coface.fr/CofacePortal/FR_fr_FR/pages/home/os/risks_home/risques_pays/fiche/Br%C3%A9sil?extraUid=571821

Nouvel Observateur : http://tempsreel.nouvelobs.com/galeries-photos/photo/20130618.OBS3677/en-images-fronde-au-bresil-contre-la-vie-chere.html

Courrier International: http://www.courrierinternational.com/article/2013/06/19/des-manifestations-pour-pouvoir-vivre-en-ville