L’espace périurbain est le fruit de l’étalement urbain, on parle d’étalement urbain lorsque la surface dédiée à l’urbain croît plus rapidement que la population. Cette synthèse étudiera les trois aspects suivants dans les espaces périurbains, dans une première partie sera abordé les caractéristiques des espaces périurbains, une deuxième partie traitera de la configuration spatiale de ces mêmes espaces, enfin la troisième partie expliquera les pratiques des habitants des espaces périurbains.

Caractéristiques des espaces périurbains.

 

 

 

Les espaces périurbains créent une fragmentation spatiale visible en télédétection, sur les photos satellites.

Suivant les cas, l’espace périurbain peut former un continuité marquée ou non marquée par le bâti existant, l’exemple des photos de Bussy Saint Georges dans le 77 démontre bien la discontinuité de l’espace périurbain lors de son évolution entre 2003 et 2007, on y voit des champs ou des bois entre les lotissements, ce qui peut laisser présumer de la résistance de certains collectifs de protection de l’environnement et agriculteurs.

Dans le même département 77 à Magny-le-Hongre, la rupture spatiale est marquée.

Le mitage est complètement bouleversé. L’espace périurbain forme avec l’espace urbain une macrocéphalie, réseaux à plusieurs centres au détriment du périurbain moins bien équipé que les centres urbains. Certains urbanistes s’inquiètent dans certains cas et certaines villes du développement de certains centres périurbains qui tendent à attirer plus de monde que les centres-villes urbains, se qui crée une désertification du centre ville historique.

Cependant le problème le plus souvent rencontré dans ces espaces périurbains c’est le manque de proximité de services de proximité tels les commerces ou les services administratifs. L’espace périurbain voit son coût du foncier diminué par rapport à celui du centre ville attirant une grande partie de la classe moyenne à s’équiper en zones périurbaines.

Les espaces périurbains sont donc très consommateurs de surfaces, mais également demandeur et consommateur de services, cette dispersion de services est coûteuse pour l’État qui doit ainsi créer de nouvelles entités administratives afin de répondre à la demande des habitants de ces espaces, on entre dans un cycle vicieux car pour répondre à cette demande l’État va donc s’acquérir de construire de nouvelles préfectures ou unité administratives, le tout consommateur évidemment de surfaces agricoles, l’étalement urbain se poursuit.

 

 

Configuration spatiale des espaces périurbains

 

 

Les espaces périurbains sont étalés, la densité bâtie est inférieure à la densité bâtie dans les centres urbains , elle est en moyenne comprise entre 0,1 et 0,7 contre une densité bâtie en centre urbain comprise entre 1 et 4,5, la densité est également inférieure à la densité des centres urbains.

Cette étalement urbain pose peut-être moins de problème de congestionnement que dans les centres urbains, mais les espaces périurbains ont pour conséquence directe une consommation énergétique supérieure que dans les centres urbains.

La forme de l’habitat dans les espaces périurbains est différente, le plus souvent elle est constituée de lots de lotissements pavillonnaires étalés, alors que le centre-ville urbain est lui plus congestionné. La forme des rues est différente que dans le centre urbain, le système de voirie est complexe.

On y identifie trois systèmes de voiries complexes : l’impasse est une rue sans issue, bordée de résidences ou pavillons , la boucle est formée par une rue qui poursuit une boucle en forme de demi cercle ou demi rectangle, et le système de rue en forme de raquette, cette rue prend la forme d’un cercle et ressemble à la forme d’une raquette.

L’espace périurbain agit sur l’environnement naturel, il tend à occuper des terres agricoles, boisées : l’exemple de Annet sur Marne dans le 77 ou la Chevreuse, démontre bel et bien cette emprise sur les surfaces naturelles tels les surfaces agricoles ou les surfaces boisées. Cependant, ce ne sont pas les pavillons qui occupent le plus ces surfaces mais les ZAC ‘zones d’activités commerciales’ zones commerciales et le réseau routier construits afin de répondre aux besoins des habitants des espaces périurbains.

La faune et la flore sont également touchées, bien que les urbanistes tentent de remédier aux problèmes l’exemple de l’espace périurbain de la Chevreuse où l’on voit les pavillons construits à même le bois, démontre une envie de préserver l’environnement mais cet exemple montre d’autres problèmes : nuisance des habitants provoquée par les insectes ou la faune, ou alors des problèmes de sécurité en cas d’incendies ou de catastrophes naturelles, telle que les tempêtes.

Certains militants des organisations non gouvernementales militent pour la préservation de certains espaces naturels contre les projets de développement d’espaces périurbains, ceci afin de protéger des petits animaux tel l’exemple du hamster d’Alsace menacé par le projet de grand contournement ouest, qui attirera bien évidemment une fois le projet lancé des projets d’aménagement de nouveaux lotissements de grandes envergures tout au long de son axe.

 

 

Pratiques des habitants des espaces périurbains

 

 

 

Depuis les années 60, on assiste au développement des espaces périurbains, en effet, plusieurs facteurs ont contribué à l’évolution des mœurs de la population.

La vie idéale inspirée par le modèle américain des années 50 a marqué les ménages français, ils ont soif d’équipements. La volonté de s’affranchir du manque de confort des habitations du centre-ville est forte. Les Trente Glorieuses ont déjà démarré, l’économie tourne bien, la consommation des ménages français également.

L’automobile se démocratise, le gouvernement français prend des mesures d’aménagement et développe et améliore le réseau routier.

C’est l’automobile qui va libérer les ménages, une grande partie des ménages s’équipent d’une automobile, ce qui va entraîner le démarrage de l’étalement urbain, et le développement des espaces périurbains.

L’évolution des mœurs sociétales mais également l’enrichissement d’un grand nombre de ménages français grâce à une économie florissante ont entraîné ceux-ci à quitter les centre-villes surpeuplés et dotés d’habitats mal équipés pour s’installer en zones périphériques des centres-villes, cette évolution a été possible grâce à l’automobile nécessaire car ces périphéries sont distantes des zones d’activités professionnelles et des centres-villes équipés de centres commerciaux.

Les logements de ces nouveaux espaces urbains appelés espaces périurbains sont de belles maisons spacieuses et équipées, elles disposent pour la plupart toute d’un petit jardin et d’un espace vert qui permettront quelques années plus tard l’installation de piscines, voire pour certains d’espace confort tel que les jacuzzi.

Les classes sociales ont influé également dans la répartition de la population, les plus aisés d’entre eux occupent évidemment plus d’espace pour leurs logements et se voient équipés d’un logement plus vaste et plus confortable.

Cependant, dans les années 80, les autorités de peur de voir se déplacer les centres-villes en zones périphériques ont entrepris des politiques de gentrification des centres-villes, ils ont mis en place des politiques de réaménagement des centres-villes, les propriétaires réaménagent certains immeubles des centres-villes entraînant une augmentation du prix du foncier, ces logements à proximité des biens rares, sont chers et réservés à une certaine classe sociale aisée.

Le coût du foncier dans le centre-ville a entraîné une grande partie de la classe moyenne à choisir un logement en périphérie moins cher, ce qui a aggravé l’étalement urbain. Cependant, le prix du foncier étant inférieur au prix du foncier en centre-ville, les ménages qui choisissent cette option prennent en compte le fait que leurs déplacements en automobile sera plus long et plus coûteux.

L’étalement des centres périurbains permet aux ménages il est vrai de disposer d’un logement plus confortable mais au prix d’une consommation énergétique supérieure à la consommation énergétique dans les centres urbains. Les habitants des espaces périurbains utilisent plus leurs automobiles que ceux des centres urbains qui eux peuvent marcher ou utiliser des transports en communs.

En effet, l’étalement de ces espaces périurbains entraîne indéniablement les habitants à prolonger l’utilisation de leurs véhicules, ce qui occasionne une consommation énergétique supérieure qu’un utilisateur en centre-ville.

Mais pas uniquement, en effet les pavillons situés dans ces espaces périurbains sont plus vastes que les équipements en centre ville, plus confortables ils nécessitent plus d’entretiens ‘ isolation, pelouse, piscine’ et d’énergie qui servira à chauffer ou isoler le logement. Les réseaux routiers s’étalent également, le temps mis par les habitants pour rejoindre leurs habitations en fin de journée est très longue, les réseaux routiers périphériques sont congestionnés aux heures de pointe, la fatigue chez ces habitants est notable, le tout augmente considérablement les risques d’accidents routiers.

 

 

 

Pour conclure les espaces périurbains ont servi à répondre au développement de la démographie française, il est intéressant de voir que l’évolution économique du pays a entraîné celle-ci à attirer plus d’habitants, l’évolution de la société de ses compromis ont entraîné une fragmentation sociale avec ses côtés bénéfiques pour certains au prix d’énormes sacrifices et le sentiment d’une forme d’oubli ou de discrimination pour une autre partie de la société qui s’offusquent de vivre dans des conditions inconfortables.

Cependant, le véritable problème rencontré pour les professionnels de l’aménagement et de l’urbanisme français est la montée de certains extrémismes et alarmisme qui freinent le développement économique de certaines régions et ralentissent des projets nécessaires à une relance économique du pays surtout par ces temps de crise.