Voici un article très intéressant sur un travail de recherche, que j’ai eu à mener pour la présentation d’un poster de communication sur les effets des catastrophes naturelles. Les derniers épisodes climatiques, que vous connaissez toutes et tous, tel l’ouragan Sandy, ou le tremblement de terre au Japon, qui a entraîné la catastrophe de Fukushima, ainsi que d’autres catastrophes naturelles passées et à venir, sont lourdes de conséquences sur notre société. Il est intéressant de comparer, que la gestion de la crise  et la prévention du risque d’ouragan sur le territoire américain ne s’est pas dérouler de la même manière en 2005, avec l’ouragan Catherina, qu’avec l’ouragan Sandy en 2012.

Les valeurs d’entre aides et de solidarité sont relativement communes ceci dans chaque société après les catastrophes. La notion de vulnérabilité en milieu urbain est différente suivant les espaces géographiques considérés, le comportement social après crises également, cette note de synthèse conduira à définir en premier lieu la notion de vulnérabilité d’un espace géographique lors d’une catastrophe naturelle ou d’une catastrophe industrielle ‘l’exemple d’Azf illustre bien les conséquences’ ;  en deuxième lieu sera traité les conséquences sur le social, la prévention des risques et l’après catastrophe sera différent selon chaque société, des réactions qui seront propre à leurs propres cultures et histoire.

Vulnérabilité aux risques naturels en milieu urbain: effets, facteurs et réponses sociales.’

écrit par le Docteur Jean Claude Thouret et le géographe Mr Robert d’Ercole

Le document qui a servi, à établir cette fiche de lecture est  un rapport d’étude rédigé par le Docteur Jean Claude Thouret, et le géographe Mr Robert d’Ercole. Ce rapport s’intitule : ‘Vulnérabilité aux risques naturels en milieu urbain: effets, facteurs et réponses sociales.’ Le Docteur Jean Claude Thouret est actuellement professeur en volcanologie, à l’université Blaise Pascal Clermont ; ses thèmes de recherche sont les suivants: Volcanologie et géomorphologie volcanique.

Le Géographe Robert d’Ercole est actuellement professeur, ainsi que géographe à l’université de Lima (Pérou), il enseigne et dirige les recherches sur les thèmes suivants:

-Vulnérabilité des sociétés face aux risques d’origine naturelle et anthropique, principalement en milieu urbain dans les pays andins.

Ces deux chercheurs ont écrit ce rapport, afin de sensibiliser alerter et informer les autorités locales en Amérique du Sud sur les les effets de la la vulnérabilité aux risques naturels en milieu urbain ; le géographe Robert d’Ercole étant professeur et chercheur à l’institut de recherche de la ville de Lima (Pérou) est chargé de porter des recherches et une réflexion avec le Docteur Jean Claude Thouret scientifique spécialiste en Volcanologie, sur d’une part les tremblements de terre, qui ont lieu dans la région et d’autre part les effets et facteurs ainsi que des réponses sociales à apporter à la population lors de catastrophes naturelles.

Il est important de s’interroger et de conduire une réflexion sur la notion de vulnérabilité aux risques naturels en milieu urbain, grâce au document fourni en annexe intitulé : « Vulnérabilité aux risques naturels en milieu urbain : effets facteurs et réponses sociales »écrit par Robert d’Ercole et Jean Claude Thouret ; ce travail synthétisera dans une première partie une définition de la notion de vulnérabilité et de l’approche classique de l’endommagement ; des facteurs et conséquences de la vulnérabilité et dans une deuxième partie des différents comportements sociaux en cas de crise, ainsi que des   des réponses sociales face à une crise et à une catastrophe.

 

NOTION DE VULNERABILITE SELON ROBERT D’ERCOLE et JEAN CLAUDE THOURET.

Selon ce rapport « Vulnérabilité aux risques naturels en milieu urbain : effets facteurs et réponses sociales », la définition de la notion de vulnérabilité pour Jean Claude Thouret et Robert d’Ercole se rapproche du sens étymologique du terme, sa définition est la suivante: «D’après l’étymologie la vulnérabilité est le fait d’être sensible aux blessures, aux attaques ou d’éprouver des difficultés pour recouvrer une santé mise en péril »

La vulnérabilité en milieu urbain implique la prise en compte des dommages potentiels liés à la catastrophe , plus communément appelé la capacité d’endommagement des phénomènes naturels menaçants. Le prochain chapitre synthétisera son approche classique.

L’approche classique de la vulnérabilité consiste alors à mesurer l’endommagement potentiel d’une classe de population:«  L’approche classique de la vulnérabilité consiste alors à mesurer l’endommagement potentiel »

Vulnérabilité et milieu urbain un constat d’endommagement classique

Selon Claude Chaline urbaniste et spécialiste de la géographie et de l’aménagement des grandes métropoles et Jocelyne Dubois-Maury professeur à l’institut d’urbanisme de Paris, et également co-résponsable du laboratoire C.R.E.T.E.I.L, la vulnérabilité d’une ville dépend de la segmentation de sa société, la vulnérabilité des cités dépend selon une approche classique d’au moins quatre facteurs, externes et internes:

Facteurs externes

-l’accélération de la croissance urbaine

-déséquilibre des facteurs de développement socio économique et les choix politiques dans l’aménagement du territoire.

Facteurs internes

-effets destructeurs des phénomènes naturels ‘morphologie urbaine’

-segmentation accentuée de la société urbaine.

Parmi les pays mondiaux les pays les plus vulnérables aux risques naturels restent les pays en voie de développement, (exemple le Pérou) ; ces pays plus vulnérables que les autres d’un point de vue géographique, économique et socio-économique concentrent leurs populations les plus pauvres dans les zones à risques naturels ‘zones sismiques, zones inondables, zones d’effondrements, glissement de terrain, éruption volcaniques, mais également sensibles aux risques d’un ordre technologique ‘ incendies et différentes pollutions industriels’.

Cette situation est due principalement à l’anthropisation du milieu urbain, l’anthropisation est un phénomène social, où les populations les plus pauvres concentrent les construction de leurs logements dans des zones marginales non propices à la construction de logements, ni de quelconques infrastructures. Ces pays ‘PED’ pays en voie de développement,connaissent un accroissement important de leur population, les autorités administratives ne contrôlent plus correctement l’aménagement du territoire et voient se développer des zones de constructions dans des zones dites inconstructibles, ces facteurs entraînant conjointement une augmentation de la vulnérabilité.: « -La morphologie urbaine exacerbe la vulnérabilité des sites, car l’extension spatiale des constructions a largement débordé les sites initiaux peu dangereux pour gagner des pentes inconstructibles, des couloirs montagneux, des piémonts formés par des cônes de déjection, des plaines alluviales et des lits majeurs inondables. ».

Les pays en voie de développement présente donc le plus de vulnérabilité aux risques de catastrophes naturelles et technologiques, « 90% des victimes et 75 des dommages économiques »les facteurs de vulnérabilité ainsi que la réduction de la vulnérabilité seront proposés dans le chapitre suivant.

Conséquences la de vulnérabilité

-Augmentation des pertes humaines, le taux de mortalité croit plus rapidement que le solde démographique.

-L’endommagement « facteurs matériels et financiers » provoqué surpasse la capacité nationale de restauration, qui est quasiment obligé de recourir à des prêts d’aides internationaux entraînant l’alourdissement de la dette du pays concerné. Il est important de souligné que l’intervention financière est un vrai faux problème, n’entraînant pas uniquement des facteurs positifs.

-Effets négatifs sur le pôle économique et industriel entraînant l’arrêt de l’activité sur le secteur touché par une catastrophe naturelle entraînement crise économique, chômage, paupérisation de la population.

-Dégradations subies par le patrimoine culturel, écologique.’Pollution….modification de la géographie morphologique environnante.

Les comportements sociaux en cas de crise

Lorsque une alerte à la catastrophe est déclenché, la réaction des différentes classes sociales sont différentes, les modes de comportements sont contrastés, variables dans l’espace et dans le temps. Les seuils socioculturels façonnent le comportement humain en cas de catastrophe. Il existe différents modes de comportement selon le seuil socioculturel, voici une synthèse de ceux ci:

1-  « Absorption passive de l’endommagement répété »L’individu ou le groupe vis n’est pas préparé à la crise, sa réaction face à la vulnérabilité est la fuite. Exemple ‘ catastrophe d’Armero ‘Colombie 1985’ et de Spitak en Arménie 1988. Ce mode de comportement se fait moins persistant dans les sociétés urbaines des PED, mais existe encore dans les campagnes peuplées exemple «cyclones et inondations au Bangladesh, séismes et laves torrentielles chez les indigènes de la vallée du Rio Paez, Colombie 1994)

2- « L’acceptation de l’endommagement » Ce mode intervient lorsque l’individu ou le groupe d’individu est conscient du risque de vulnérabilité, le groupe ou l’individu est conscient de ce qu’il risque. Ce mode entraîne un esprit de cohésion des individus; ce mode est illustré par la solidarité et l’entraide des individus au sein de leurs quartiers sinistrés, lors d’organisation de secours. Exemple ‘Manizale en Colombie’ ou au Japon
Suivant la culture de la société en question, la gestion du risque et la prévention se déroule différemment, les japonais ont l’habitude de vivre tout au long de l’année des tremblements de terre, et des catastrophes naturelles pour eux il s’agit d’un cycle normal de la nature. Hors de question de dire à un japonais, qui attache des valeurs à son patrimoine familial de lui demander d’évacuer les lieux, car il y’ a une alerte au tremblement de terre ou au tsunami ;  d’ailleurs les maisons traditionnelles japonaises sont très résistantes aux séismes par la souplesse de leur construction.

3- « La réduction de l’endommagement »Ce mode intervient lorsque une société d’individus est consciente du risque, elle cherche donc à atténuer les effets du ou des risques encourus, par la construction ou l’installation d’infrastructures permettant de limiter l’endommagement , ‘ plans de protection et d’évacuation précédant les cyclones dans quelques îles de la Caraïbe, ‘La Guadeloupe en 1989 face à Hugo’ …la réduction vise à modifier les phénomènes naturels menaçants …. les barrages contre les coulées de boue et de débris autour des volcans actifs de Java, des Philippines, du Japon. »

4- «  Modification radicales à priori » Ce mode intervient seulement après les conséquences d’une catastrophe dans une zone géographique, ce mode consiste à modifier radicalement la zone en intervenant directement sur la zone, par exemple : changer le mode d’occupation des sols, délocaliser les populations menacées et les reloger sur des terrains constructibles. Ce dernier mode est partiellement réalisé dans les pays dit « post industrielle  » pour exemple le Japon : « dans les régions sismiques et autour de volcans actifs ‘ Le Sakurajima et la ville de Kagoshima »

Les réponses sociales liées à la vulnérabilité en milieu urbain varient dans le temps, ces variations obéissent donc à des facteurs structurels et sociaux. Un individu menacé va réagir selon 5 étapes successives, l’individu va entendre l’information, la faire confirmer puis après analyse comprendre le message, suite à la personnalisation de la teneur du message, l’individu va entreprendre l’action. Ce processus découlera de la teneur du message d’alerte de sa clarté, de précision et de sa logique. Plusieurs autres facteurs seront à tenir en compte dans cette analyse notamment la confirmation du message par plusieurs émetteurs ‘radiaux/ TV/ Voisinage/ Services de sécurité et de secours, mais encore les paramètres socio démographiques, les représentations psyché culturelles et des rapports à la personne menacée avec l’environnement physique et social. ( Mileti,1993 : Drabek, 1986)

Il est donc important pour l’individu ou le groupe d’individu menacé de créer un réseau de relation important et fiable, d’acquérir une certaine éducation, d’être mobile, d’avoir accès à des ressources disponibles afin de connaître les expériences répétées avant la catastrophe. La réponse sociale face à la crise dépend du type de société, dans les sociétés modernes la réponse à la crise est le plus souvent organisé, s’appuyant sur un réseau technique et technologique efficace ‘appareils de mesure, de détection, de transmission  d’alertes,  mais aussi une logistique de secours et de prévention optimum; ces conditions restent onéreuses .

Pour les pays et sociétés moins développés, les réponses sont moins développés, moins organisés, elles ne sont pour le moment efficace que pour une catastrophe d’ampleur modérée. Les modes de comportements relevant de l’origine socio culturelle influent également sur la réponse sociale pour exemple le cas du séisme de Northridge ( 17 janvier 1994) « Le cas du séisme de Northridge (17 janvier 1994) a mis en exergue dans une méga cité américaine, divers modes de comportement dont celui inapproprié, des immigrés récents latino-américains, l’inégalité du traitement des victimes par rapport à d’autres sinistrés aux USA et l’appauvrissement des citoyens déjà défavorisés.(MITCHELL,1994)

Les modes de comportement sont donc variables face à une catastrophe, elles dépendent le plus généralement du seuil socioculturel d’une société, de ses moyens économiques et la logistique de secours mise en place et prête à intervenir en cas d’urgence; malgré cela la réponse sociale aux crises en milieu urbain dépend encore de facteurs inégaux et mal adaptés à la situation de certains de ces individus

Amélioration des réponses sociales face à une crise et à une catastrophe

 Les réponses sociales sont limitées face à l’endommagement et à la vulnérabilité en milieu urbain dans les pays en voie de développement ; il est nécessaire d’apporter une amélioration aux types de réponses aux individus et aux groupes d’individus, cette amélioration est apporté selon trois pas de temps distincts : avant, pendant, et après la catastrophe.

Avant: L’inventaire des expériences sinistres vécus est dressé dans une zone urbaine menacée, une politique de prévention est conduite, les populations sont sensibilisées et éduquées, notamment en les scolarisant leurs permettant d’acquérir un seuil de prise de conscience suffisant.

Pendant: Les actions de prévention s’orienteront vers le domaine de l’information d’urgence ‘message d’alerte ‘, les actions de défense et l’organisation des secours et l’évacuation .

Après : cette période correspond à la phase de secours, de nettoyage, de reconstruction et de relogements.

La vulnérabilité ainsi que l’endommagement dépendent de plusieurs facteurs, et engendrent plusieurs conséquences, il est important pour les autorités politico-administratives, qui régissent et contrôlent les populations et les pays en voies de développement d’agir de manière à atténuer les effets liés à la vulnérabilité et à l’endommagement. Pour cela il sera nécessaire d’apporter à la population une campagne de prévention et de sensibilisation liée aux risques, il sera important de requérir à un plan de gestion intégrale, qui coordonnera les actions des communautées et des services techniques, scientifiques, de secours, à l’échelle d’une ville , d’une région et d’un pays. Le service d’alerte au moment de la crise devra être conduit de manière claire et précise en évitant la multidiffusion de messages différents .

Après la crise il sera nécessaire pour les organismes compétents de collecter analyser de façon précise les données issues de la catastrophe, afin de pouvoir améliorer lors de futures crises la phase prévention et alerte.

Conclusion

Le travail de recherche de ces deux professeurs et enseignants de renoms Mr Jean Claude Thouret et Robert d’Ercole apporte il est vrai une réelle réponse en matière de sensibilisation aux risques des catastrophes naturelles et technologiques ; les effets, facteurs et réponses sociales à apporter, à une société souvent et de plus en plus réticentes à l’intervention  des administrations ; prenez l’exemple  des inondations dans le Var, l’État a décidé d’intervenir et d’appliquer une modification radicale de certaines zones inondables; une intervention étatique entraînant une vrai révolte des habitants concernés par cette relocalisation de leurs logements. En observant cet exemple il serai utile de poser la problématique suivante:

-Quel courant de pensée adopter en observant des individus appartenant à une société moderne réagir de la sorte?

Le vrai problème il est vrai, c’est que même les sociétés modernes oublient souvent la phase prévention  »avant » et la phase alerte  »pendant » au détriment des populations, qui se retrouvent sinistrées. En intervenant uniquement après la crise, l’intervention de l’État démontre bel et bien qu’elle n’entre en aucun compte dans les critères et avis des spécialistes, et que ces effets sont négatives voir totalement néfastes pour la population. L’intervention financière reste un vrai faux problème, car qui financera cette crise? Si ce n’est la dette du pays concerné.