Bibliographie : La population des îles de Grèce-Essai de géographie insulaire en Méditerranée orientale. Editions Edisud. ‘Bibliothèque de géographie de Strasbourg Code PG 27.1  de Emile Y Kolodny Chargé d’étude au CNRS.

1/Les flux des touristes vers la Grèce et leurs impact sur l’économie.

  • Jusque dans les années 40, le tourisme à destination de la Grèce est réservé à une certaine élite :’bourgeoisie, voyageurs, chercheurs, hommes d’affaires’, la Grèce est  un pays  étape entre l’Europe et l’orient et l’Afrique.
  • « Pendant la décennie 1931-1940 la Grèce a accueilli 792 713 étrangers, hommes d’affaires, résidents, touristes et étrangers, voyageurs en transit »
  • La 2ème guerre mondiale, ainsi que la guerre civile va écarter cet afflue touristique pendant une dizaine d’années.
  • Le tourisme reprend  dans les années 50 de 1954 à 1971, le tourisme en Grèce aura ainsi évolué de plus 50% en 20 ans. Soit deux millions de touristes dans les années 70; la Grèce se classe ainsi à la cinquième place des pays méditerranéens après l’Espagne , la France, l’Italie, et l’ancienne  Yougoslavie.
  • L’ Allemagne ainsi que l’Angleterre fournissent en grande partie ces flots de touristes européen vers la Grèce.
  • De 1966 à 1971 le nombre de touristes d’origines européennes ainsi qu’américaines double  » de 46% de la masse touristique à 85% » ce qui entrainent une concentration spatiale des lieux d’hébergements et de loisirs leurs étant destinés.

2/Les lieux d’hébergements à Santorin:

Santorin : les lieux d’hébergements sont principalement situés sur Oia, Fira ‘Firostefani, Imerovigli’ Catégorie Luxe Haut de gamme.

Périssa et Périvolos plages lieux d’hébergements destinés aux  jeunes et familles ‘moyen de gamme et économique’

Kamari également s’oriente plus vers la classe moyenne voir élevée dans certains hébergements touristiques.

Un peu partout sur l’île des lieux d’hébergements de types chez l’habitant type habitat traditionnel ou pension existent.

L’office  National du Tourisme Hellenique « EOT » relève du ministère de la Coordination, crée en 1950.

  • Missions: mise en valeur du potentiel touristique, action vers la construction hôtelière, aménagement de plages et de sites, formation de personnel qualifié, stimulation du capital privé à l’investissement dans la création de nouvelles structures d’hébergement.
  • Dans le cadre de l’orientation des prêts à la construction privée l’Office canalise les fonds fournis par divers organismes financiers, libéralisation économique, dont la Banque Hellénique pour le développement industriel « ETBA fondée en 1964 », cette banque regroupe les capitaux de l’Etat ‘Etat providence’ et ceux obtenus avec le concours des organismes prêteurs étrangers.
  • Les investissements touristiques en 4 ans de 1965 à 1969 s’élève à 93 346 000 dollars.
  • Des avances sont octroyés par L’EOT  aux particuliers désireux de construire à des fins locatives dans les régions touristiques.
  • Entre 1962 et 1970, l’hôtellerie grecque a doublé sa capacité.
  • De nouvelles formes d’hébergements voient le jour: bungalow ou motels.
  • Les investissements orientés alors qu’aux provinces continentales, s’orientent également vers les provinces insulaires.

3/Le tourisme chez les grecs

C’est dès les années 60 que le grecs vivant à Athènes commencent à prendre des congés pour aller séjourner le week-end hors de la ville et une fois par an, lors des congés annuels . Depuis ces années, le niveau de vie du grec moyen à Athènes a augmenté, il en résulte alors un accroissement des déplacements d’agréments des citadins dans l’Argo-saronique, et dans les archipels grecs.

Ce tourisme interne joue un rôle éminent dans la redistribution des ressources accumulées par la capitale Athènes. Le tourisme intérieur fait surtout appel aux classes moyennes, aux salariés de l’administration, de l’industrie et du commerce qui bénéficient de congés payés et qui ont conservé un pied à terre à la campagne.Une grande majorité des vacanciers grecs optent pour un séjour en bord de mer :

42.5 % choisissent les îles

25% la côte

7.5% les stations thermales

10% la montagne

une minorité d’entre eux 7.5% projette d’aller à l’étranger .

Contrairement au touriste étranger qui lui va partager son temps à la villégiature balnéaire et à la visite de sites archéologiques, à circuler entre les îles, les grecs préfèrent adopter un rythme plus calme, ils vont attacher une importance au repos ‘ , exemple un employé va préférer séjourner dans sa maison natale, tout un mois. Le citadin grec a souvent tendance à revenir tous les ans au même endroit pour passer ses vacances, s’il y’ a trouver la plage, la nourriture, et le gîte qui lui convient. Le touriste grec opte de préférence pour l’hôtel de catégorie moyenne ou inférieure dans les années 70.

Le touriste grec va séjourner plus longuement qu’un touriste étranger, mais étrangement vas s’attacher à un seul endroit, et on peut souvent rencontrer des familles grecs qui séjournent durant leurs vacances dans le même lieu de villégiature depuis plus de vingt ans. Le touriste grec apporte une justification à l’industrie touristique, c’est un appoint plus stable et diffus, il va également profiter de fêtes comme Noël , les fêtes épiscopales , weeks-end voyage de noces, l’évolution de vie dans les années 60 les poussent à profiter de l’infrastructure hôtelière durant la basse saison, ‘début du printemps, voir même lors des hivers doux et ensoleillées que connaissent les îles certaines années.’

Ils contribuent à faciliter l’amortissement de ces établissements hôteliers qui ne fonctionnent à plein rendement que trois ou quatre mois dans l’année. Le tourisme grec est le plus souvent individuel, lorsqu’il s’agit de tourisme interne à la Grèce, le touriste grec préfère mettre à contribution la moyenne et petite hôtellerie, au lieu de l’habitant loueur de chambres, au tenancier de la taverne populaire et au commerce de détail.

4/Le tourisme insulaire

En 1970 la Grèce insulaire rassemble 714 établissements homologués par l’EOT, cela ne comprends pas les formes d’hébergements complémentaires, de type logement chez l’habitant largement répandue dans les îles. Il est à préciser l’importance de la fonction touristique dans les îles grecques, qui avec 15% de la population nationale réunissent 31% du potentiel hôtelier grecque, ces établissements insulaires accueillent en 1969 le tiers des visiteurs étrangers et le cinquième de la clientèle grecque.

L’infrastructure hôtelière est inégalement répartie à travers les régions insulaires.

Classement : Athènes – Rhodes – Crète ‘ Héraklion ‘ –  Dodécanèse  ‘Kos’; Corfou, l’Eubée – les Cyclades et l’Argosaronique.

Il existe ainsi une Grèce insulaire touristique qui s’ordonne le long de l’axe Corfou-Athènes-Rhodes.

Les nuitées insulaires se partagent entre les clients grecs, et le touristes étrangers.

La portion du tourisme étranger varie entre 40 et 50% des Cyclades à Héraklion, dans d’autres îles, la clientèle grecque constitue environ 80% de la clientèle totale , notamment à la station thermale et balnéaire de Loutra Edipsou où 93% des nuitées sont réalisées par les grecs.

L’examen détaillée par île précise que dans les Cyclades la fréquentation étrangère n’est majoritaire qu’à Santorin et Mykonos, avec 74% des nuitées dans les Cyclades et 80% des nuitées ont lieux à Mykonos.

Dans le Dodécanèse, à Rhodes 74% de nuitées sont étrangères à Kos 60% des nuitées sont grecques.

Source Hellenic Republic:

Les nuitées ont augmentées de + 1.2% et le nombre d’arrivées diminuée de 0.4% entre 2009 et 2010. En 2010, le tourisme étranger non résident a augmenté et est passé de 4.7% à 4.9%. Le taux d’occupation dans l’hébergement touristique en Grèce hors camping décroit et passe de 51.1%  en 2009 à 48.4% durant 2010. Durant la période de Mai à Septembre 69.1% des arrivées et 80.9% des nuitées dans les hôtels et campings sont enregistrées.

La région qui enregistre en Grèce le plus grand nombre d’arrivées et le plus grand nombre de nuitées est la Crète avec 15.2 % des arrivées enregistrées, et 24.6% des nuitées enregistrées. Se classe ensuite les îles sud de la mer Egée ‘Rhodes, Kos’ avec 15.6% des arrivées et 23.8% des nuitées enregistrées en Grèce durant la période mai à septembre.

En 2010 on constate dans la plupart des régions grecques un taux d’enregistrement inférieur aux précédentes années, seul exception la Crète et les îles sud de la Mer Egée, restent des destinations toujours prisées, le nombre d’arrivée augmente dans les îles de la Mer Egée 14.5% et environ 18% en Crète, les taux de nuitées passent à environ 30% dans les îles Sud de la mer Egée ‘Kos, Rhodes’ et également 30% en Crète.

Il est également intéressant de constater que les touristes européens ne se comportent pas de la même façon dans leur manière de séjourner en Grèce, certains choisiront des séjours longs, d’autres des séjours plus courts ‘ étape transitoire’

La crise économique a fortement impactée le tourisme insulaire dans l’île, s’en résulte des prix souvent attractifs et des offres promotionnelles, ceci afin d’attirer une nouvelle clientèle, notamment celle des pays de l’ancien bloc de l’est.

Voici une carte qui présente le nombre de touristes en Grèce selon leur pays d’origine en Europe en 2009:

Source Hellenic Republic

Ce ralentissement du nombre de réservation est principalement due à la crise économique qui frappe à cette période, la Grèce et plusieurs pays d’Europe. Le peuple grec est le plus touché par la crise économique, il en résulte une activité touristique très ralentie dans les îles grecques du printemps au début de l’été, l’athénien préférant alors privilégier le séjour en famille ou rester chez lui à Athènes.

En 2009 le nombre de nuitée totale est de 37 367849 nuits passées en Grèce soit environ 4 nuitées par touriste, voici la carte représentative des nuitées moyenne selon les pays origine des touristes.

On peut constater que les touristes qui séjournent  le plus de nuits lors de leurs séjour en Grèce sont principalement les allemands, les tchèques , et la slovaques avec environ 7 nuitées par touristes, viennent ensuite les touristes originaires des pays  de l’ancien bloc soviétique (Lituanie, Lettonie, Estonie ainsi que la Pologne). Les finlandais et les anglais aiment passés du temps lors de leur séjour en Grèce en moyenne 6 nuitées. Ceux qui passent le moins de temps lors de leur séjour en Grèce sont les Espagnols et les portugais ainsi que les français en moyenne 4 à 5 nuitées par séjour et par touriste.

5/Santorin

A/ Situation Géographique

Santorin est un archipel d’îles située dans la partie méridionale des Cyclades à 75 kilomètres de la Grèce continentale, l’archipel de Santorin, est renommé dans le monde pour ses vues spectaculaires et pour la caldeira la plus large au monde,  deux volcans trônent au milieu de la caldeira  Palea et Nea Kameni, les archipels comprennent trois îles : Thirasia,  Thera ‘ Santorin’ 76 km2, ainsi que l’île d’Aspronisi.

B/Fréquentation d’avant guerre

L’archipel est avant la guerre fréquenté par les autochtones grecs et les travailleurs qui travaillent dans les mines à l’extraction du sable qui est ensuite vendu à travers le monde et l’Europe, une grande partie de cette matière première servira à élaborer le béton qui servira à construire le canal de Suez, l’île constitue donc une étape entre Athènes et l’Afrique notamment l’Egypte et la Syrie, mais également une étape insulaire entre Athènes et la Crète.

De nombreux scientifiques s’y affèrent notamment pour étudier et analyser  des sites archéologiques : le site d’Akrotiri, où les vestiges d’une ville comptoir antique de l’age de Bronze ont été retrouvés enfuies sous des amas de cendres et conglomérats volcanique .

En 1867 un géologue travaillant pour une entreprise de bâtiment français qui exploitait la pierre de ponce et la pouzzolane roche naturelle constituée de scories, nommé Ferdinand André Fouqué trouve et enregistre des restes de murs dans une vallée au dessus d’Akrotiri.

En 1899 l’allemand Robert Zahn fit des fouilles, cependant elles furent stoppées lors de la découverte du site de Knossos en Crète.

Les recherches scientifiques et géologiques, attirent dans l’archipel les meilleurs scientifiques et chercheurs dont Marinato achéologue et professeur à l’université d’Athènes ,  en effet la caldeira formé par l’éruption du volcan Palea Kameni en 1630 avant JC reste une énigme totale pour les scientifiques de l’époque, ils s’affairent ainsi sur l’île à réaliser des mesures, dessiner des croquis, ils émettent des hypothèses sur la formation géologique de l’île ;  l’archipel recèle de multitudes de phénomènes géologiques qui intéressent ces scientifiques et chercheurs.

Le tourisme dans l’archipel de Santorin

L’île de Santorin est la plus grande de l’archipel environ 76 km2, elle  accueille la plus grande partie de l’hébergement touristique, les principales villes d’hébergements touristiques sont : Oia, Firostefani, Fira, pour l’hébergement de luxe, ces villes sont situées juste à flan de falaise, elles dominent la caldeira, les hébergements sont en grande partie de  classe supérieure, viennent ensuite la ville de Périvolos, Périssa, et Kamari situées sur le littoral sud de l’île, qui accueillent une grande partie du tourisme étranger, ces lieux touristiques proposent des hébergements de catégorie inférieur et de classe moyenne, destinés à une clientèle plus large, l’hébergement chez l’habitant est répandu un peu partout sur l’île dans les villes précédemment citées mais également d’autres villes telles que Pyrgos, Akrotiri.

L’île dispose d’un aéroport situé dans la partie sud-est de l’île à proximité de la ville de Kamari, elle dispose de navettes aériennes quotidiennes durant la période estivale à destination et en provenance de plusieurs villes d’Europe, notamment Athènes, l’île est également reliée à Athènes port du Pyrée, ou Rhodes par navettes maritimes, un grand flots de touristes débarquent au port d’Athinios.

Habitat sur l’archipel de Santorin

L’habitat sur l’île s’est développé en fonction des contextes économiques majeurs de l’archipel ; de la ville antique d’Akrotiri aux villes balnéaires touristiques du littoral de l’île de Santorin, l’habitat sur l’île ainsi que l’aménagement du tissu urbain est soumis à des contraintes liées à l’économie de l’île mais également à la vulnérabilité de celle ci, (séismes, éruptions volcaniques, risque de tsunamis).

La découverte du site d’Akrotiri, permet d’établir que l’ancienne ville antique s’étendait sur des centaines d’hectares, l’ancienne ville d’Akrotiri était aménagé sur le littoral, au sud ouest de l’île, elle permettait ainsi aux marchands navigateurs qui écumaient la Méditerranée de disposer d’un comptoir étape entre le reste de la Grèce continentale et la Crète. Le fait de n’avoir retrouver aucunes traces de fortification autour de la ville laisse supposer qu’elle disposait d’une notoriété remarquable, ses relations avec les îles avoisinantes devaient être cordiales, et sa proximité de la Crète et de la civilisation Minoenne laisse à supposer que l’île de Santorin  bénéficiait de la protection de la marine crétoise minoenne.

A partir du 16 ème siècle, se développe à l’abri des versants de promontoires  perchés ou de versants de falaises, des habitats de type traditionnels dit Chora ou Kastro de l’Egée, il s’agit d’habitat perché, qui présente un dédale de ruelles en colimaçon, un étagement en spirale d’habitations soudées les unes aux autres. L’ensemble de l’agglomération était le plus souvent entouré de murs d’enceintes, l’espace à l’intérieur est extrêmement limité, ce type d’habitat s’est développé sous l’ère vénitienne afin de protéger les habitants et les richesses économiques des attaques de pirates mais également des attaques turcs.

Il est possible de voir ce type d’habitat à Pyrgos, à Oia, et à Imérovigli, sur le promontoire du Kastros.

Ces habitats généralement peu visible de la mer, constituaient d’excellents refuges contre l’envahisseur, leur inaccessibilité en hauteur permettait à leurs occupants d’organiser leur défense ou leur fuite en cas d’invasion ou d’attaque.

Ces habitats peu propice à résister aux différents séismes qui frappent l’île ont laissé place aux habitats juchés sur les falaises, tels que l’on peut aujourd’hui les voir à Oia, Fira, Imérovigli et Firostefani . A partir du 20 ème siècle à commencer avec l’essor du tourisme en Grèce, un déplacement des installations urbaines le  long du littoral sud,   sur tous le reste de l’île notamment la partie centrale se disperse un essaim d’habitat rural dispersé.

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